Comment développer une technologie innovante avec cette prolifération de LMS et d’ENT ?

Dans la lignée des billets qui précèdent, je poursuis ici mon partage sur un tour d’horizon sur les technologies utilisées pour instrumenter l’enseignement des sciences, et sur les orientations possibles. Un certain nombre de questions se posent dès que l’on veut construire une technologie pour une utilisation dans un contexte scolaire. Se dirige-t-on davantage vers un CMS, un LMS, ou un LCMS (Learning and Content Management System) ? Quelle place souhaite-t-on accorder aux interactions sociales en général, et à la collaboration en particulier, dans l’architecture logicielle de l’outil ? Quelle place veut-on accorder à l’évaluation ? Dans quelle mesure les différentes étapes, les différentes dimensions de la démarche d’investigation ont-elles vocation à être instrumentées de manière spécifique ? Une éventuelle instrumentation spécifique de ces étapes doit-elle se refléter dans l’architecture du logiciel ou doit-elle se cantonner à des réflexions d’ordre didactique ?

La connaissance de l’existant, des forces en présence, me semble fondamentale décider en connaissance de cause. Je souhaite faire remarquer un certain nombre d’éléments relatifs à l’état actuel du marché, en commençant par la question des grandes orientations technologiques. Quand on prend la décision de développer un CMS plus qu’un LCMS, on se heurte de plein fouet à l’essor des solutions de Microsoft au sein de l’Education Nationale, y compris si l’on fait le choix de mettre l’accent sur l’apprentissage collaboratif (OneNote for Classrooms inclut une dimension collaborative non négligeable), et y compris si l’on met l’accent sur la dimension publication (Microsoft Sway se situe sur ce créneau). Si l’on développe un LCMS sans mettre l’accent sur le collaboratif, alors l’outil développé risque fort de s’ajouter à la longue liste des ENT scolaires, dans un contexte où des solutions de grands groupes, comme Google Classrooms, sont là aussi en plein essor.

En termes de famille de logiciels, les LMS faisant la part belle aux interactions sociales représentent vraisemblablement l’un des domaines où le nombre de projets est le plus faible. Les quelques LMS scolaires de cette famille, comme Edmodo, ou Beebac, pour les projets français, intègrent souvent un certain nombre des fonctionnalités de réseau social. Néanmoins, rares sont les LMS qui intègrent de manière substantielle les fonctionnalités nécessaires au travail en projets d’équipe (formation des équipes, attribution des rôles, gestion des tâches, etc.). Les LMS de cette nature dont j’ai connaissance, Novoed en constitue sans doute un exemple représentatif, sont généralement conçus pour l’enseignement supérieur et/ou pour la formation d’adultes. A ma connaissance, le domaine des LMS scolaires insistant sur l’apprentissage collaboratif, et en particulier basé sur le travail par équipe, est largement sous-investi par les acteurs du numérique éducatif, en particulier en France. C’est sans doute cette direction qui me semble la plus prometteuse pour quiconque veut développer un LMS tout en faisant preuve d’originalité…

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